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Mon enfant devient majeur : ce qui change dans sa tête… et dans notre relation

  • Photo du rédacteur: Action NeurOptimum
    Action NeurOptimum
  • 29 déc. 2025
  • 5 min de lecture
Devenir adulte

Quand un enfant devient majeur, on pense souvent “droits, responsabilités, papiers”. Mais le vrai changement, pour beaucoup de familles, se passe ailleurs : dans la psychologie du jeune (identité, autonomie, sentiment d’être “entre deux”), dans son cerveau (régulation, planification, contrôle des impulsions), et dans la relation parent–enfant (nouvel équilibre entre soutien et liberté).


Ce passage peut être magnifique… et déstabilisant. Parce que toi aussi, comme parent, tu vis une transition : tu passes d’un rôle de gestion (encadrer, superviser, corriger) à un rôle d’influence (guider, outiller, rester une base sécurisante).


1) Dans sa tête : “Je suis adulte… mais je me sens entre deux”


Plusieurs jeunes adultes vivent ce que la psychologie appelle l’émergence vers l’âge adulte (“emerging adulthood”) : une période où l’on explore son identité, ses valeurs, ses relations, son projet de vie, avec souvent un sentiment d’instabilité et de “je ne suis plus un ado, pas encore totalement adulte”.


C’est normal que ton enfant :

  • teste ses limites;

  • change d’idée (études, travail, amis);

  • alterne entre indépendance et besoin de réassurance;

  • se sente parfois perdu, même s’il “a l’air correct”.


À retenir :

  • Beaucoup de jeunes majeurs se sentent “entre deux” pendant un certain temps.

  • L’exploration (identité, projets) fait partie du développement, ce n’est pas forcément de l’instabilité “problématique”.

  • Le besoin de soutien peut coexister avec le besoin d’autonomie.


2) Dans son cerveau : plus d’autonomie, mais pas encore 100% de stabilité


Le cerveau continue de se raffiner pendant les années suivant l’adolescence, notamment dans les régions liées à la planification, l’anticipation, la prise de décision et l’autocontrôle (souvent associées au cortex préfrontal). Plusieurs sources de référence expliquent que cette maturation se poursuit jusque dans la vingtaine (et qu’on doit éviter les simplifications du type “tout est fini à un âge précis”).


En parallèle, la sensibilité aux récompenses (plaisir, nouveauté, validation sociale) peut rester élevée chez certains jeunes, ce qui influence parfois :


  • l’impulsivité;

  • la gestion des priorités;

  • les choix à court terme vs long terme.


Ce que ça veut dire concrètement : ton jeune peut être très intelligent, très capable… et quand même avoir des périodes où l’émotion, la fatigue, les amis, la pression ou l’excitation prennent le dessus sur le “raisonnement”.


À retenir :

  • Le cerveau continue de mûrir au-delà de 18 ans, surtout pour l’autocontrôle et la planification.

  • La sensibilité aux récompenses et au contexte social peut influencer les décisions.

  • Ton enfant a besoin d’autonomie… et d’un cadre qui l’aide à apprendre sans se faire écraser.


3) Dans ta tête de parent : une mini “crise identitaire” normale


Devenir parent d’un adulte, ça peut réveiller des choses profondes :

  • la peur qu’il se plante (et que tu aurais pu l’empêcher);

  • la difficulté à “ne plus être nécessaire pareil”;

  • une forme de deuil : celui de l’enfant que tu encadrais au quotidien;

  • un stress de fond : “Si je ne contrôle plus, qu’est-ce qui protège mon enfant?”


C’est fréquent que le cerveau du parent cherche à reprendre le contrôle… surtout quand il y a incertitude. Mais plus tu contrôles un jeune adulte, plus tu risques de déclencher l’effet inverse : résistance, secret, distance, mensonge défensif.


À retenir :

  • Le parent vit aussi une transition : perte de contrôle, gain d’influence.

  • La surprotection peut nuire au développement de l’autonomie.

  • L’objectif est de rester un repère, pas un gestionnaire.


4) Le pivot relationnel : passer du contrôle à “l’autonomie soutenue”


La recherche en psychologie motivationnelle (notamment autour du soutien à l’autonomie) montre que les jeunes se portent généralement mieux quand ils se sentent :

  • respectés dans leurs choix;

  • encouragés à développer leurs compétences;

  • connectés (relation chaleureuse et fiable).


“Autonomie soutenue” ne veut pas dire “laisser faire n’importe quoi”. Ça veut dire :

  • clarifier les attentes;

  • offrir des choix réels;

  • aider à réfléchir plutôt que dicter;

  • rester disponible sans envahir.


Exemple de phrase-pivot (puissante) :

“Veux-tu que je t’écoute, que je t’aide à réfléchir, ou que je te donne un conseil?”

À retenir :

  • L’autonomie soutenue est un style relationnel : ferme sur le cadre, doux sur la personne.

  • “Demander avant de conseiller” évite beaucoup de conflits.

  • La relation devient un filet de sécurité, pas une cage.


5) Ce que tu peux faire, concrètement (simple, applicable, efficace)


5.1 Un “accord relationnel” (pas un contrat, un accord)

Une discussion courte, claire, sans drame :

  • “Qu’est-ce que tu veux garder privé?”

  • “Qu’est-ce que tu veux partager?”

  • “Comment tu veux qu’on se parle si ça va moins bien?”

  • “C’est quoi nos règles de base si tu vis encore à la maison?”


À retenir :

  • Clarifier réduit les malentendus.

  • Un accord relationnel protège le lien quand ça brasse.


5.2 Des check-ins courts (au lieu d’un interrogatoire)

Une fois par semaine ou aux deux semaines : 15 minutes.3 questions :

  1. “Qu’est-ce qui a bien été?”

  2. “Qu’est-ce qui est tough?”

  3. “De quoi tu as besoin (ou pas besoin) de notre part?”


À retenir :

  • Un rendez-vous court vaut mieux qu’une surveillance constante.

  • Ça maintient la connexion sans étouffer.


5.3 Former des compétences, pas juste “donner des consignes”

Le cerveau apprend mieux quand on outille :

  • planifier une semaine (2 blocs d’étude, 2 blocs de repos);

  • faire un mini-budget;

  • préparer 3 repas simples;

  • gérer sommeil/écrans (règles réalistes).


À retenir :

  • L’autonomie, c’est des compétences concrètes, pas un concept.

  • Les routines simples stabilisent l’humeur et la performance.


5.4 Un message clé à répéter (et à croire)

“Je te fais confiance pour apprendre. Et je suis là si tu veux de l’aide.”

À retenir :

  • Le jeune adulte a besoin de sentir confiance + disponibilité.

  • Cette posture diminue la résistance et augmente la collaboration.


Finalement :

Quand ton enfant devient majeur, la question n’est pas “Est-ce qu’il est adulte?”La vraie question, c’est : comment votre relation devient adulte.


Le cerveau continue d’évoluer, l’identité se construit, et toi, comme parent, tu changes de rôle. Si tu réussis le pivot vers une autonomie soutenue, tu offres quelque chose de rare : un lien solide qui respecte la liberté… et qui protège la santé mentale.


Action NeurOptimum, pour rendre l’impossible… POSSIBLE!

📍 Boucherville, Québec


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📖 Références

  1. National Institute of Mental Health (NIMH). The Teen Brain: 7 Things to Know. https://www.nimh.nih.gov/health/publications/the-teen-brain-7-things-to-know Institut national de la santé mentale

  2. Harvard Medical School (HMS). Under the Hood of the Adolescent Brain. https://hms.harvard.edu/news/under-hood-adolescent-brain HMS Harvard

  3. Johnson, S. B., Blum, R. W., & Giedd, J. N. (2009). Adolescent Maturity and the Brain. Pediatrics (PMC). https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2892678/ PMC

  4. Arain, M., et al. (2013). Maturation of the adolescent brain. (PMC). https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3621648/ PMC

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  6. Telzer, E. H., et al. (2015). Mothers know best: redirecting adolescent reward sensitivity… Social Cognitive and Affective Neuroscience. https://academic.oup.com/scan/article/10/10/1383/1648778 OUP Academic

  7. APA Dictionary of Psychology. Emerging adulthood (définition). https://dictionary.apa.org/emerging-adulthood Dictionnaire APA de la psychologie

  8. NCBI Bookshelf. Emerging Adulthood as a Critical Stage in the Life Course (2017). https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK543712/ CNIB

  9. Joussemet, M., et al. (2008). Parenting and Self-Determination Theory (Université de Montréal). https://umontreal.scholaris.ca/bitstreams/aca9d417-31bb-4cea-a3ef-08bd62e54864/download Université de Montréal

  10. Lan, X., et al. (2019). Parental Autonomy Support and Psychological Well-Being in Emerging Adults (PMC). https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6437062/ PMC

  11. Cui, M., et al. (2022). Overparenting and Emerging Adult Development (systematic review; SAGE – résumé). https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/21676968221108828 SAGE Journals

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  14. McGill Office for Science and Society (2025). Is 25 Really the Magic Number? https://www.mcgill.ca/oss/article/critical-thinking-student-contributors/25-really-magic-number McGill University

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