Le “blues” après les Fêtes : quand tout retombe (et comment retrouver ton équilibre sans te brusquer)
- Action NeurOptimum

- 12 janv.
- 5 min de lecture
Il y a un moment étrange qui arrive souvent après les Fêtes.
Pendant quelques jours (ou quelques semaines), tout est plus intense : la course, les soupers, les cadeaux, les attentes, les messages, le bruit, les horaires éclatés. Tu tiens debout parce que “ça prend ça”, parce qu’il y a quelque chose à faire, parce que tu n’as pas le choix.
Puis, soudainement… ça finit.

Et là, au lieu de ressentir un soulagement net, plusieurs personnes ressentent autre chose : un vide, une fatigue lourde, une baisse d’élan, une tristesse floue, une irritabilité, une envie de s’isoler… comme si ton système venait de manquer de courant.
Si tu te reconnais, respire. Ce que tu vis est fréquent, et ce n’est pas un signe que tu es “ingrat” ou “faible”. C’est souvent un mélange très humain : une chute de stimulation, un retour brutal à la routine, moins de lumière naturelle en hiver, du sommeil débalancé, et parfois une réalité émotionnelle qui ressort une fois que le bruit baisse.
L’objectif ici, c’est de t’aider à comprendre ce qui se passe (dans la tête, dans le corps), puis de te donner des façons simples de reprendre ton équilibre, sans te mettre une pression de performance.
Pourquoi ça frappe après les Fêtes
Quand on est dans une période intense, le cerveau fonctionne souvent en mode “gérer”. Il priorise l’action, la logistique, les urgences. Une fois que la période se termine, l’espace mental se libère… et ce qu’on a repoussé peut remonter.
En plus, l’hiver n’aide pas toujours. Certaines personnes vivent une baisse d’énergie et d’humeur liée au changement de saison. Le trouble affectif saisonnier (TAS / SAD) est décrit comme une forme de dépression qui suit un patron saisonnier (souvent automne-hiver), avec des symptômes qui peuvent durer plusieurs mois...
Même sans TAS, plusieurs ressentent une “déprime hivernale” plus légère : moins d’entrain, plus de fatigue, plus de besoin de dormir, moins d’envie sociale.
Le corps aussi a son mot à dire : quand le sommeil est décalé (heures variables, repas plus lourds, alcool pour certains, écrans tard), ton humeur et ton énergie peuvent en payer le prix. Le Centre de Toxicomanie et de Santé Mentale (CAMH) rappelle d’ailleurs l’importance de l’hygiène du sommeil et de routines régulières pour mieux faire face au stress.
“Blues” normal ou quelque chose de plus sérieux ?
Un passage plus fragile après les Fêtes peut être normal, surtout s’il est temporaire et qu’il n’empêche pas complètement de fonctionner. Mais si tu remarques que ça s’installe, que tu perds ton plaisir, que tu te sens ralenti, épuisé, anxieux, ou que tes pensées deviennent sombres, ça mérite d’être pris au sérieux.
Le NIMH et la Mayo Clinic décrivent, pour le TAS, des symptômes compatibles avec la dépression, avec certains signes plus fréquents en hiver (comme fatigue, hypersomnie, augmentation de l’appétit, envies de glucides, retrait social) chez plusieurs personnes. Tu n’as pas besoin de te diagnostiquer toi-même. Mais tu peux te donner un repère simple : si ça persiste, si ça empire, ou si ça te coupe de ta vie, c’est un signal d’aller chercher du soutien.
Comment te relever sans te forcer : 6 stratégies qui aident vraiment
Voici l’idée centrale : après une période intense, ton système nerveux n’a pas besoin d’un “grand plan parfait”. Il a besoin d’un atterrissage.
1) Reviens à une routine minimale (pas une routine militaire)Ton cerveau se calme quand il retrouve des repères. Commence par 2 choses stables : une heure de lever approximative et une heure de coucher approximative. Pas au minute près : juste assez pour remettre ton rythme sur les rails.
2) Va chercher de la lumière le matin (même si c’est gris). Le manque de lumière fait partie des explications discutées autour du TAS et de la déprime hivernale, et plusieurs organisations de santé décrivent la luminothérapie comme une option utile pour certaines personnes.
Concrètement, commence simple : 10–20 minutes dehors tôt dans la journée quand c’est possible. C’est gratuit, et c’est une première marche vers une meilleure synchronisation du rythme jour-nuit.
3) Bouge “petit”, mais souvent. Tu n’as pas besoin d’un programme complet. Une marche de 10–15 minutes, quelques étirements, monter des escaliers… Le mouvement aide à relancer l’énergie et à réduire une partie de la tension interne (surtout quand l’humeur est basse). CAMH recommande aussi l’activité physique comme élément de base de l’hygiène de vie en période de stress.
4) Planifie un seul “petit plaisir” dans ta semaine. Après les Fêtes, le cerveau ressent parfois une chute parce qu’il n’y a plus rien à attendre. Un petit événement suffit : un café avec quelqu’un, une sortie simple, un projet court, une activité familiale. L’idée n’est pas de remplir l’agenda : c’est de remettre une étincelle dans la semaine.
5) Diminue la pression : vise le “mieux”, pas le “parfait”. Le piège classique de janvier, c’est de se dire : “OK, là je reprends TOUT : entraînement, alimentation, sommeil, productivité.” Et ton cerveau répond : “Trop.”Reviens à une seule priorité pour 7 jours. Une seule.
6) Si tu penses à la luminothérapie : fais-le de façon sécuritaire. La luminothérapie est souvent présentée comme efficace pour plusieurs personnes avec TAS, mais elle n’est pas “universelle” et peut avoir des effets secondaires (maux de tête, fatigue oculaire, etc.) et des contre-indications dans certains cas. CAMH et des ressources du réseau de santé québécois rappellent l’importance de vérifier si c’est approprié pour soi et de suivre les consignes. Si tu as un trouble bipolaire, certains problèmes oculaires, ou si tu n’es pas sûr, parle à un professionnel.
À retenir
Après les Fêtes, une baisse d’énergie ou de moral peut venir d’un “retour au calme” brutal + sommeil débalancé + hiver (moins de lumière).
Le TAS/SAD est une forme de dépression à patron saisonnier; si ça dure, si ça nuit au fonctionnement, ça mérite du soutien.
Les meilleurs premiers leviers : routine minimale, lumière le matin, mouvement simple, un petit plaisir planifié, moins de perfectionnisme.
La luminothérapie peut aider certaines personnes, mais elle doit être utilisée prudemment et idéalement avec avis professionnel si doute.
Conclusion
Si, en ce moment, tu as l’impression que “tout retombe”, rappelle-toi ceci : ton cerveau n’est pas en train d’échouer. Il est en train de récupérer, de se réajuster, et parfois de te signaler que tu as besoin de douceur, de structure, et d’un peu plus de soutien.
Tu n’as pas besoin de te “repartir” d’un coup. Tu as besoin de recommencer à respirer dans ta vie, un geste à la fois.
Si tu te sens dépassé, sans espoir, ou en danger, cherche de l’aide tout de suite. Au Canada, tu peux appeler ou texter 9-8-8 (24/7).
Action NeurOptimum, pour rendre l’impossible… POSSIBLE!
📍 Boucherville, Québec
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Sources (fiables et vérifiables)
National Institute of Mental Health (NIMH). Seasonal Affective Disorder (SAD). Institut national de la santé mentale
Mayo Clinic. Seasonal affective disorder (SAD) – Symptoms & causes. Mayo Clinic
American Psychiatric Association. Seasonal Affective Disorder (SAD). Psychiatry
CAMH (Centre for Addiction and Mental Health). Seasonal Affective Disorder. CAMH
CAMH. Coping with Holiday Stress (sommeil/routines et stress). CAMH
Gouvernement du Canada. Lancement de la ligne d’aide 9-8-8 (30 nov. 2023). Gouvernement du Canada
9-8-8 : Suicide Crisis Helpline (site officiel). 9-8-8: Suicide Crisis Helpline+1
Mayo Clinic. Seasonal affective disorder treatment: Choosing a light box. Mayo Clinic
CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal. Combattre la déprime saisonnière grâce à la lumière (prudence/contre-indications). CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal
Fonds de recherche du Québec – Scientifique en chef. La luminothérapie : efficace pour la dépression hivernale ? Scientifique en Chef




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