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Pourquoi ne rien faire est parfois ce qu’il y a de mieux pour le cerveau

  • Photo du rédacteur: Action NeurOptimum
    Action NeurOptimum
  • 13 juil.
  • 6 min de lecture
La légèreté aide souvent au cerveau à se réguler (Image générée par IA)
La légèreté aide souvent au cerveau à se réguler (Image générée par IA)

Dans une société où la performance est souvent valorisée, plusieurs personnes ont l’impression qu’elles doivent constamment être occupées. Lorsqu’un moment libre apparaît à l’horaire, il est rapidement rempli par une tâche, une activité, une notification ou une obligation. Même les périodes de repos sont parfois transformées en projets à optimiser.


Pourtant, une question mérite d’être posée : et si le cerveau avait parfois besoin de ne rien faire ?


Cette idée peut sembler étrange. Après tout, nous avons souvent appris que l’efficacité, la productivité et l’action étaient des signes de réussite. Pourtant, les neurosciences montrent que les périodes de repos jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement du cerveau. Elles ne représentent pas du temps perdu. Elles font partie intégrante du processus qui nous permet de réfléchir, d’apprendre, de créer et de maintenir notre équilibre mental.


Comprendre pourquoi le repos cerveau est si important peut transformer notre façon de voir les moments où nous ralentissons.


► Un moment pour réfléchir à votre relation avec le repos


Avant d’aller plus loin, prenez quelques secondes pour réfléchir à ces questions. Ce petit exercice ne pose aucun diagnostic. Il sert simplement à favoriser une prise de conscience.


Lorsque vous avez quelques minutes libres, ressentez-vous le besoin de les remplir immédiatement par une activité ?


Avez-vous parfois l’impression de perdre votre temps lorsque vous ne produisez rien de concret ?


Vous arrive-t-il de consulter votre téléphone sans raison particulière simplement pour éviter un moment de vide ?


Avez-vous déjà remarqué que certaines de vos meilleures idées surgissent lorsque vous prenez une douche, marchez ou vous détendez ?


Vous sentez-vous parfois fatigué même après une journée où vous n’avez pas accompli d’effort physique important ?


Ces questions touchent directement à la façon dont notre cerveau gère le repos et la récupération.


► Le cerveau n’est pas conçu pour être stimulé en permanence


Notre cerveau traite une quantité impressionnante d’informations chaque jour. Les conversations, les courriels, les réseaux sociaux, les déplacements, les décisions et les responsabilités sollicitent continuellement notre attention.


Même lorsque nous avons l’impression de faire plusieurs choses à la fois, le cerveau doit constamment passer d’une tâche à une autre. Ce phénomène mobilise énormément de ressources cognitives.


Au fil des heures et des journées, cette stimulation continue crée une forme de fatigue mentale qui n’est pas toujours facile à reconnaître. Contrairement à la fatigue physique, elle se manifeste souvent par une baisse de concentration, une irritabilité accrue, des oublis plus fréquents ou une sensation d’avoir l’esprit saturé.


Le cerveau a alors besoin de moments où il peut réduire son niveau de sollicitation afin de récupérer certaines de ses ressources.


► Pourquoi le repos cerveau est essentiel à la performance


Il existe une croyance populaire selon laquelle le repos serait l’opposé de la productivité. En réalité, les recherches démontrent exactement le contraire.


Le cerveau fonctionne un peu comme un athlète. Un entraînement constant sans récupération finit par réduire les performances. Les périodes de repos permettent aux muscles de se reconstruire et de devenir plus efficaces. Le cerveau suit une logique similaire.


Lorsque nous prenons le temps de ralentir, certaines régions cérébrales peuvent récupérer. Cette récupération contribue à maintenir nos capacités d’attention, notre mémoire, notre créativité et notre régulation émotionnelle.


Autrement dit, le repos ne freine pas la performance. Il la rend possible.


► Ce qui se passe dans le cerveau lorsque nous ne faisons rien


Une découverte fascinante des neurosciences concerne ce que l’on appelle le réseau du mode par défaut, parfois désigné sous le nom de Default Mode Network.


Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le cerveau ne s’éteint pas lorsque nous cessons une activité. Certaines régions deviennent même particulièrement actives lorsque nous sommes au repos.


Ce réseau participe notamment à la réflexion personnelle, à la consolidation des souvenirs, à l’imagination, à la planification du futur et à l’intégration des expériences vécues.


C’est souvent pendant ces périodes que le cerveau fait des liens entre différentes informations et trouve des solutions à des problèmes qui semblaient insolubles quelques heures auparavant.


Voilà pourquoi certaines idées surgissent soudainement sous la douche, pendant une promenade ou lors d’un moment de détente.


Le cerveau continue de travailler, mais d’une manière différente.


► Pourquoi nous avons parfois peur de ne rien faire


Pour plusieurs personnes, le repos peut être inconfortable.


Lorsqu’il n’y a plus de distraction immédiate, certaines pensées remontent à la surface. Les préoccupations, les émotions ou les réflexions que nous avions mises de côté peuvent devenir plus présentes.


Il arrive également que certaines personnes associent inconsciemment leur valeur personnelle à leur niveau de productivité. Dans ce contexte, ralentir peut donner l’impression de perdre son temps ou de ne pas être suffisamment utile.


Pourtant, cette impression ne reflète pas la réalité du fonctionnement cérébral.


Le cerveau n’est pas une machine conçue pour fonctionner à pleine capacité vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Comme tout système complexe, il a besoin d’alternance entre l’effort et la récupération.


► Les enfants aussi ont besoin de périodes où ils ne font rien


Les adultes ne sont pas les seuls concernés par cette réalité.


Aujourd’hui, plusieurs enfants évoluent dans des horaires très chargés. Entre l’école, les activités sportives, les écrans, les sorties et les nombreuses sollicitations du quotidien, les moments de calme deviennent parfois rares.


Pourtant, l’ennui occasionnel joue un rôle important dans le développement. Lorsqu’un enfant n’est pas constamment stimulé, son cerveau est amené à utiliser davantage son imagination, sa créativité et ses capacités de résolution de problèmes.


Ces périodes de calme favorisent également l’autonomie et le développement de certaines fonctions cognitives importantes.


L’objectif n’est évidemment pas de laisser un enfant sans stimulation pendant des heures, mais plutôt de reconnaître que le cerveau bénéficie aussi de moments plus tranquilles.


► Un petit exercice pour votre cerveau cette semaine


Si vous souhaitez expérimenter les effets du repos cerveau, essayez l’exercice suivant.


Choisissez un moment de dix minutes dans votre journée. Pendant cette période, ne consultez pas votre téléphone, ne regardez pas la télévision, n’écoutez pas de balado et ne réalisez aucune tâche productive.


Asseyez-vous simplement dans un endroit calme ou allez marcher tranquillement.


Observez ce qui se passe.


Quelles pensées apparaissent ?


Quelles émotions remarquez-vous ?


Votre esprit cherche-t-il immédiatement quelque chose à faire ?


Pour plusieurs personnes, cet exercice est beaucoup plus difficile qu’elles ne l’imaginaient. Pourtant, il constitue souvent une première étape vers une meilleure récupération mentale.


► Une autre piste à essayer : la marche sans distraction


Une autre façon simple de favoriser le repos du cerveau consiste à effectuer une courte marche sans écouteurs, sans téléphone et sans objectif précis.


Portez simplement attention à ce qui vous entoure. Les sons, les couleurs, la température, les mouvements et les détails de l’environnement peuvent devenir des points d’ancrage naturels.


Cette pratique aide souvent à diminuer la surcharge mentale tout en offrant au cerveau un espace pour traiter l’information différemment.


Plusieurs personnes constatent qu’elles reviennent de ce type de marche avec une sensation de clarté mentale plus grande qu’avant leur départ.


► Pourquoi ralentir peut parfois nous rendre plus efficaces


Cela peut sembler paradoxal, mais plusieurs études démontrent que les personnes qui intègrent des périodes régulières de récupération maintiennent généralement un meilleur niveau de performance à long terme.


Le cerveau apprend mieux lorsqu’il dispose de périodes de consolidation. Il prend de meilleures décisions lorsqu’il est reposé. Il gère plus efficacement les émotions lorsqu’il n’est pas constamment sollicité.


Chercher à être productif en permanence finit souvent par produire l’effet inverse. La fatigue mentale s’accumule, les erreurs augmentent et la motivation diminue.


À l’inverse, les moments de repos permettent souvent de retrouver davantage d’énergie, de créativité et de concentration.


► L’idée essentielle à retenir


Pourquoi ne rien faire est-il parfois ce qu’il y a de mieux pour le cerveau ?


Parce que le cerveau a besoin de périodes où il n’est pas constamment sollicité. Ces moments de repos lui permettent de récupérer, de consolider les apprentissages, de traiter l’information et de maintenir son équilibre.


Le repos cerveau n’est donc pas un luxe.


C’est un besoin fondamental.


Et dans un monde où l’attention est constamment sollicitée, apprendre à ralentir devient parfois l’une des meilleures choses que nous puissions offrir à notre cerveau.


► Une invitation à ralentir sans culpabilité


Cette semaine, essayez de vous accorder quelques moments où vous n’avez rien à accomplir.


Pas pour être plus performant demain.


Pas pour optimiser votre horaire.


Simplement pour permettre à votre cerveau de respirer un peu.


Vous pourriez être surpris de constater que certaines de vos meilleures idées, certaines prises de conscience importantes ou simplement un sentiment de mieux-être apparaissent précisément lorsque vous cessez d’essayer d’être occupé en permanence.


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Références scientifiques


Raichle, M. E. (2015). The Brain's Default Mode Network. Annual Review of Neuroscience, 38, 433-447. https://doi.org/10.1146/annurev-neuro-071013-014030


Andrews-Hanna, J. R. (2012). The Brain's Default Network and Internal Mentation. The Neuroscientist, 18(3), 251-270. https://doi.org/10.1177/1073858411403316


Diamond, A. (2013). Executive Functions. Annual Review of Psychology, 64, 135-168. https://doi.org/10.1146/annurev-psych-113011-143750


Kabat-Zinn, J. (2013). Full Catastrophe Living. Bantam Books.


American Psychological Association. Stress, Recovery and Mental Health. https://www.apa.org

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