La solitude pendant le temps des Fêtes : un silence qui parle fort
- Action NeurOptimum

- 22 déc. 2025
- 6 min de lecture

On associe souvent le temps des Fêtes à la chaleur humaine, aux rassemblements et aux traditions. Pourtant, pour beaucoup de gens, cette période agit comme un projecteur : elle met en évidence ce qui manque. Un proche décédé. Une séparation récente. Une famille loin. Une relation compliquée. Ou simplement le fait de ne pas avoir “sa gang” pour célébrer.
La solitude, durant les Fêtes, peut être particulièrement intense parce qu’elle se compare constamment à une image collective : les autres sont entourés… moi non.
Plus il y a de messages de “joie” et de “réunions parfaites”, plus le contraste peut faire mal.
Ce blogue n’a pas pour but de dramatiser. Il a pour but de te donner des repères, de normaliser ce que tu ressens, et surtout de t’offrir des pistes concrètes pour traverser cette période avec plus de douceur et moins d’isolement.
À retenir :
La solitude pendant les Fêtes est fréquente, même si elle est peu visible.
Ce n’est pas “faible” de la ressentir : c’est un signal humain.
Il existe des actions simples et réalistes pour réduire l’impact et retrouver un peu de sécurité intérieure.
1) Solitude, isolement, besoin de calme : ce n’est pas la même chose
Il y a une différence importante entre :
Être seul (un fait : tu es physiquement seul),
Se sentir seul (une expérience intérieure : tu te sens déconnecté),
Choisir la solitude (une décision : tu prends du temps pour toi).
Pendant les Fêtes, ce qui fait le plus mal, ce n’est pas toujours l’absence de monde autour de toi. C’est l’absence d’un lien qui nourrit. Tu peux être entouré et te sentir seul. Ou être seul sans souffrir… si c’est choisi et apaisant.
Comprendre cette nuance aide à mieux cibler la solution : parfois, ce n’est pas “voir plus de gens”, c’est avoir au moins un contact significatif (même bref) et te sentir reconnu.
À retenir :
Solitude ressentie ≠ isolement physique ≠ temps calme choisi.
L’objectif n’est pas d’être entouré à tout prix, mais de nourrir un minimum de lien réel.
Un seul contact significatif peut changer la journée.
2) Pourquoi les Fêtes amplifient la solitude
Les Fêtes activent souvent trois grands “amplificateurs” :
a) Les attentes et les comparaisons
On se compare à une image : tables pleines, rires, photos, traditions. Et si ta réalité ne ressemble pas à ça, ton cerveau peut interpréter ça comme un échec, ou comme une preuve que tu “n’es pas important”.
b) La mémoire émotionnelle
Les odeurs, les musiques, les lieux, les dates… réveillent des souvenirs. Si tu as vécu une perte, une rupture, ou une période difficile, ton corps peut réactiver cette charge émotionnelle, parfois sans que tu t’en rendes compte.
c) La rupture de routine
Les horaires changent, les services sont fermés, les activités régulières diminuent, le rythme social se modifie. Pour certaines personnes, c’est reposant. Pour d’autres, c’est déstabilisant et ça laisse trop de place au vide.
À retenir :
Le temps des Fêtes amplifie ce qui est déjà sensible : pertes, ruptures, tensions, déconnexion.
Comparaison + souvenirs + routines brisées = terrain propice à la solitude.
Comprendre “pourquoi” diminue la honte et aide à agir.
3) Ce que la solitude fait au cerveau et au corps
Quand tu te sens seul, ton système nerveux peut basculer en mode alerte : comme si quelque chose d’important manquait pour ta sécurité. C’est normal, parce que l’être humain est construit pour la connexion.
Dans cet état, plusieurs personnes remarquent :
une rumination mentale (“Pourquoi moi?”, “Je ne compte pas…”)
un sommeil moins réparateur
une irritabilité ou une fatigue émotionnelle
une baisse d’énergie, parfois un sentiment de lourdeur
une envie d’éviter encore plus les contacts (ce qui entretient le cycle).
La bonne nouvelle : cet état n’est pas une condamnation. C’est un état physiologique qui peut être modifié, graduellement, par des micro-actions ciblées.
À retenir :
La solitude n’est pas juste une émotion : elle influence le stress et la récupération.
La rumination et l’évitement entretiennent souvent le cycle.
Des gestes simples (corps + lien + structure) peuvent vraiment aider.
4) Exemples concrets de solitude “typique” pendant les Fêtes
Le parent séparé qui n’a pas les enfants cette année et qui se sent inutile, vide, en dehors de sa propre vie.
La personne entourée (famille, amis), mais qui se sent incomprise, jugée, ou invisible dans le groupe.
L’aîné dont le cercle social s’est réduit : proches décédés, mobilité diminuée, déplacements plus difficiles.
L’entrepreneur ou le travailleur épuisé qui arrive aux congés “à plat” et qui réalise qu’il n’a plus d’énergie sociale.
La personne nouvellement arrivée (immigration, déménagement) qui n’a pas encore de réseau ici.
À retenir :
La solitude a plusieurs visages : séparation, deuil, fatigue, décalage, nouveau départ.
Être entouré ne garantit pas de se sentir connecté.
Mettre ton vécu dans un “scénario” aide à trouver l’action la plus utile.
5) Quoi faire, concrètement : un plan simple en 5 leviers
L’objectif n’est pas de “réussir les Fêtes”. L’objectif, c’est de réduire l’intensité du vide et d’ajouter du soutien.
5.1 Créer un minimum de structure (même petite)
La solitude devient plus lourde quand les journées sont vides. Choisis 2 ou 3 repères simples :
une marche à la même heure
un repas “fixe” agréable
une activité courte planifiée (film, lecture, rangement léger, cuisine simple).
À retenir :
Une routine minimale protège le cerveau contre le sentiment de dérive.
La structure diminue l’espace mental pour la rumination.
5.2 Rechercher un contact réel (petit, mais vrai)
Pas besoin d’un grand party. Parfois, un seul geste suffit :
un appel de 10 minutes
un café rapide dans un endroit public
un message clair à quelqu’un de fiable : “As-tu 10 minutes? J’ai besoin de jaser un peu.”
À retenir :
Un micro-contact significatif vaut souvent plus qu’une grande soirée forcée.
Demander clairement aide beaucoup plus que d’attendre “qu’on devine”.
5.3 Miser sur la contribution (même modeste)
Quand tu te sens seul, contribuer à quelque chose te redonne un sentiment de place :
aider un voisin
offrir une petite présence à quelqu’un (appel, message)
bénévolat ponctuel si c’est réaliste pour toi.
À retenir :
La contribution diminue le sentiment d’inutilité.
Donner un geste simple peut ramener un sentiment de connexion.
5.4 Apaiser le corps (pour calmer la tempête intérieure)
Quand le corps est activé, l’esprit suit. Deux outils rapides :
respiration lente (expiration plus longue que l’inspiration) 2–3 minutes
marche dehors 10–20 minutes (même tranquille).
À retenir :
Calmer le corps est souvent la première étape pour calmer les pensées.
Une petite action physique peut réduire fortement l’intensité émotionnelle.
5.5 Réviser tes attentes : “assez bon” est déjà bon
Si tu te répètes “ça devrait être merveilleux”, la réalité va frapper plus fort.
Essaie plutôt :
“Je vais traverser cette période du mieux que je peux.”
“Je vais créer un moment correct, pas parfait.”
“Je vais me donner une chance d’aller mieux, petit pas par petit pas.”
À retenir :
Les attentes irréalistes amplifient la douleur.
Viser le “vivable” est une stratégie de santé mentale, pas une défaite.
6) Quand la solitude devient trop lourde : demander de l’aide
Si tu sens que tu glisses, que tu n’es plus fonctionnel, que tu as des idées noires, ou que tu te sens en danger, il faut briser l’isolement immédiatement. Au Canada, il existe un service de soutien 24/7 par téléphone et texto. Si tu es en danger immédiat, appelle les services d’urgence.
À retenir :
Demander de l’aide n’est pas un aveu de faiblesse : c’est une action de protection.
Il existe des ressources disponibles 24/7.
Si tu te sens en danger immédiat : urgence.
Conclusion motivante
La solitude pendant les Fêtes ne dit pas que tu es brisé. Elle dit que ton besoin humain de lien est activé, et que la période met ce besoin en évidence. Tu n’as pas besoin de transformer ta vie en une semaine. Tu as besoin d’ajouter un peu de structure, un contact réel, et des actions qui apaisent ton corps.
Un petit pas. Une vraie connexion. Une journée à la fois. C’est souvent comme ça qu’on traverse… et qu’on se reconstruit.
Action NeurOptimum, pour rendre l’impossible… POSSIBLE!
📍 Boucherville, Québec
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📖 Références (sources fiables et vérifiables)
World Health Organization (WHO). Social isolation and loneliness. https://www.who.int/teams/social-determinants-of-health/demographic-change-and-healthy-ageing/social-isolation-and-loneliness Organisation mondiale de la santé
WHO. Commission on Social Connection (faits et rapport). https://www.who.int/groups/commission-on-social-connection Organisation mondiale de la santé
WHO. Report of the WHO Commission on Social Connection (30 juin 2025). https://www.who.int/groups/commission-on-social-connection/report Organisation mondiale de la santé
Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Health Effects of Social Isolation and Loneliness (15 mai 2024). https://www.cdc.gov/social-connectedness/risk-factors/index.html CDC
U.S. Surgeon General. Our Epidemic of Loneliness and Isolation: The Advisory on the Healing Effects of Social Connection and Community (2023) – PDF. https://www.hhs.gov/sites/default/files/surgeon-general-social-connection-advisory.pdf Santé et Services sociaux
National Institute on Aging (NIH/NIA). Loneliness and social isolation: tips for staying connected (11 juillet 2024). https://www.nia.nih.gov/health/loneliness-and-social-isolation/loneliness-and-social-isolation-tips-staying-connected nia.nih.gov
CAMH (Centre for Addiction and Mental Health). Coping with Holiday Stress (stratégies applicables au temps des Fêtes). https://www.camh.ca/en/camh-news-and-stories/coping-with-holiday-stress CAMH
Gouvernement du Canada. Lancement de la ligne d’aide en cas de crise suicidaire 9-8-8 (30 novembre 2023). https://www.canada.ca/en/public-health/news/2023/11/government-of-canada-launches-three-digit-suicide-crisis-helpline.html canada.ca




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