Le rôle des rêves : ce que ton cerveau fait pendant que tu dors (et pourquoi c’est si important)
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Pendant que le corps se repose, le cerveau travaille activement
Quand on s’endort, le corps ralentit : les muscles se détendent, la respiration devient plus régulière, le rythme cardiaque diminue. À première vue, tout semble indiquer que l’organisme est au repos. Pourtant, le cerveau, lui, entre dans une activité très organisée et soutenue. Quel est donc le rôle des rêves?
Tout au long de la nuit, le cerveau traverse plusieurs cycles de sommeil, chacun ayant une fonction spécifique. Certains servent davantage à la récupération physique, d’autres à la consolidation des apprentissages; parmi ces cycles, il y en a un qui se distingue par une activité mentale particulièrement intense : le sommeil paradoxal, souvent associé aux rêves.
C’est dans ces moments que le cerveau est le plus créatif, le plus émotionnel… et parfois le plus déroutant.
Les rêves : longtemps sous-estimés, aujourd’hui reconnus comme essentiels
Pendant longtemps, les rêves ont été perçus comme :
de simples images aléatoires,
des résidus sans importance de la journée,
ou des phénomènes étranges sans réelle utilité.
Aujourd’hui, les recherches en neurosciences et en psychologie montrent clairement que les rêves ne sont ni inutiles ni accidentels. Ils font partie intégrante du fonctionnement normal du cerveau et jouent un rôle important dans :
le traitement des émotions,
l’organisation de la mémoire,
l’adaptation aux expériences vécues,
et le maintien de l’équilibre mental.
Autrement dit, rêver n’est pas une perte de temps pour le cerveau, mais une façon pour lui de faire son travail autrement.
Rêver : une activité normale… et universelle
La majorité des rêves surviennent durant le sommeil paradoxal (REM), une phase bien particulière du sommeil.
Durant cette phase :
l’activité cérébrale est élevée, parfois comparable à l’état d’éveil,
le corps est profondément détendu, presque immobile,
les images mentales sont plus vives, plus narratives et plus chargées émotionnellement.
👉 En moyenne, un adulte passe 20 à 25 % de sa nuit en sommeil paradoxal, ce qui correspond à environ 1 h 30 à 2 h de rêves par nuit, réparties en plusieurs épisodes.
Même si on ne se souvient pas toujours de ses rêves (ce qui est tout à fait normal), le cerveau rêve plusieurs fois par nuit, chez tout le monde.
Ne pas se souvenir de ses rêves ne signifie donc pas qu’on ne rêve pas, mais simplement que le cerveau n’a pas jugé nécessaire d’en conserver la trace consciente.
Ce que le cerveau fait pendant les rêves
Pendant les rêves, le cerveau adopte un mode de fonctionnement différent de celui de la journée. Il ne cherche pas à être logique ou productif, mais à intégrer, relier et réguler.
Concrètement, le cerveau :
trie et consolide certaines informations vécues durant la journée,
revisite des expériences émotionnelles, parfois sous forme symbolique,
crée des liens entre des souvenirs, des idées ou des émotions qui ne sont pas habituellement associées,
simule des situations sans risque réel, comme une sorte de terrain d’essai interne.
C’est un espace où le cerveau peut explorer librement, sans les contraintes de la réalité.
Quelles parties du cerveau sont actives pendant les rêves?
Durant le sommeil paradoxal, certaines régions sont particulièrement sollicitées :
les zones impliquées dans les émotions, ce qui explique pourquoi les rêves peuvent être si intenses,
les régions liées à la mémoire, notamment émotionnelle,
les réseaux associatifs, responsables de la créativité, des métaphores et des liens symboliques.
En parallèle, les régions associées au contrôle logique, à l’analyse rationnelle et à la cohérence stricte sont moins actives. C’est ce déséquilibre temporaire qui explique pourquoi :
les rêves peuvent sembler étranges,
les scénarios peuvent changer brusquement,
les incohérences sont acceptées sans remise en question.
👉 Le cerveau ne cherche pas à raconter une histoire logique, mais à traiter de l’information autrement.
Ce que cela change dans le quotidien
Ce travail nocturne a des répercussions bien réelles le jour :
une meilleure capacité à gérer les émotions,
une intégration plus fluide des expériences vécues,
une plus grande flexibilité mentale,
une meilleure adaptation face aux défis.
Quand le sommeil est de bonne qualité et que le cerveau peut passer suffisamment de temps en sommeil paradoxal, il est souvent mieux préparé à faire face au quotidien.
À l’inverse, lorsque le sommeil est écourté ou perturbé, ce travail de fond est moins efficace, ce qui peut se traduire par :
plus de réactivité émotionnelle,
plus de fatigue mentale,
une impression de surcharge dès le réveil.
7 façons d’aider ton cerveau à mieux rêver (et mieux récupérer)
🌙 Outil 1 Respecter un horaire de sommeil régulier
Ce que ça fait au cerveau
La régularité favorise des cycles de sommeil plus stables, incluant le sommeil paradoxal.
Avantage
Rêves plus cohérents, meilleure récupération émotionnelle.
🧠 Outil 2 Réduire la stimulation avant le coucher
Limiter écrans, informations stressantes et multitâche aide le cerveau à entrer progressivement en mode repos.
Ce que ça empêche
L’hyperactivation mentale qui perturbe les cycles de rêve.
📓 Outil 3 Noter ses rêves (sans les analyser)
Écrire quelques mots au réveil permet de :
reconnaître l’activité onirique,
favoriser la conscience du repos mental.
Ce n’est pas pour analyser, mais pour observer.
⏸️ Outil 4 Intégrer des moments de calme le jour
Un cerveau constamment sollicité aura plus de difficulté à récupérer la nuit.
Le repos diurne soutient le repos nocturne.
🌿 Outil 5 Gérer le stress global
Respiration, pauses, routines apaisantes aident à réduire la charge émotionnelle que le cerveau doit traiter la nuit.
🧩 Outil 6 Dormir suffisamment
Les phases de sommeil paradoxal sont plus longues en fin de nuit. Dormir trop peu, c’est souvent écourter les rêves.
🤝 Outil 7 Parler de ce que l’on vit
Partager certaines préoccupations le jour diminue ce que le cerveau doit gérer seul la nuit.
En résumé
Les rêves ne sont ni inutiles ni mystérieux au hasard. Ils représentent une activité essentielle du cerveau, liée à l’équilibre émotionnel, à la mémoire et à l’adaptation.
Prendre soin de son sommeil, c’est aussi prendre soin de son monde intérieur.
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📍 Boucherville, Québec
Références scientifiques
Walker, M. (2017). Why We Sleep.
Hobson, J. A. (2009). The neurobiology of consciousness.
Nielsen, T. (2017). Dreaming and emotional processing.
Rasch, B., & Born, J. (2013). About sleep’s role in memory.




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