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Pourquoi tes résolutions “meurent” en janvier (et comment les transformer en habitudes qui tiennent)

  • Photo du rédacteur: Action NeurOptimum
    Action NeurOptimum
  • 5 janv.
  • 5 min de lecture

Il y a un moment que bien des gens connaissent trop bien... Tu pars l’année avec une énergie neuve. Tu te dis : “Cette fois, c’est la bonne.”Tu veux mieux dormir, bouger davantage, manger plus simple, être moins sur ton téléphone, remettre de l’ordre dans tes finances, ta tête, ta vie.


Puis arrive la vraie vie.


Un lundi matin de fatigue. Une semaine trop chargée. Une chicane. Un stress au travail. Un imprévu avec les enfants. Une soirée où tu n’as plus de jus. Sournoisement, ton cerveau te propose un raccourci : “On recommencera lundi prochain.”Sauf que… lundi prochain devient février.

Puis mars.

Si ça t’arrive, ce n’est pas parce que tu es “faible” ou “pas motivé”.C’est souvent parce que tu as essayé de changer ta vie… sans tenir compte de la mécanique réelle du cerveau, des habitudes et de l’énergie mentale.


Ce texte a un objectif : t’aider à comprendre ce qui se passe en dedans, et te donner des stratégies concrètes pour que tes intentions deviennent enfin des actions… puis des automatismes.


Tenez vous vos résolutions au moins 1 mois?

  • OUI

  • NON

  • Je ne prends pas de résolutions


1) Ton cerveau aime l’idée du “nouveau départ”… mais pas l’effort prolongé

Le début d’une année (ou d’une semaine, ou même un anniversaire) peut te donner un vrai boost. C’est un phénomène étudié : les “repères temporels” donnent l’impression qu’on tourne une page, qu’on repart à zéro.


Mais le piège, c’est que ce boost-là est souvent émotionnel (inspirant, motivant)… alors que la transformation, elle, est surtout comportementale (répétition, contexte, constance).


Autrement dit :

  • ton cerveau adore le momentum du départ,

  • mais il teste ta décision dès qu’il doit payer le prix : efforts, inconfort, renoncements, répétition.


Et c’est là que bien des résolutions s’éteignent : pas parce que tu n’y tiens pas… mais parce que le plan dépend trop de la motivation.


2) “Je veux” ne suffit pas : l’intention ne garantit pas le comportement


On pense souvent que décider fort = réussir.


En réalité, les recherches sur l’écart entre intention et action montrent que vouloir quelque chose ne prédit pas toujours ce qu’on fait, surtout quand :

  • on est fatigué,

  • stressé,

  • pressé,

  • ou qu’on rencontre un obstacle non prévu.


C’est important, parce que ça change le dialogue intérieur. Au lieu de : “Je manque de volonté”, tu peux passer à :“Mon système n’est pas assez bien conçu pour résister aux obstacles.”


Et ça, c’est réglable.


3) Les habitudes ne se construisent pas avec des grandes promesses, mais avec des contextes stables


Une habitude, ce n’est pas juste un comportement répété.C’est un comportement qui devient “facile” parce qu’il est attaché à un contexte : une heure, un lieu, une routine, un déclencheur.


C’est pour ça que le “je vais m’entraîner plus” est trop vague.Ton cerveau a besoin de quelque chose de clair, presque automatique :

  • Quand je le fais?

  • Où je le fais?

  • Après quoi je le fais?

  • Qu’est-ce qui déclenche l’action?


Et surtout : tu dois prévoir que certains jours, tu n’auras pas l’énergie.Donc ton plan doit inclure une version “minimum viable” (petite, réaliste, faisable même fatigué).


4) Le vrai ennemi des résolutions : la fatigue mentale (et l’illusion du “tout ou rien”)


Beaucoup de gens abandonnent non pas parce qu’ils ne veulent plus… mais parce qu’ils se sentent découragés après un écart.


Une journée off devient :“J’ai scrapé ma semaine.”Une semaine off devient :“Je suis incapable.”


C’est là que la psychologie devient centrale : la façon dont tu te parles après un écart influence directement ton retour en action.


Si l’écart déclenche honte, jugement, ou découragement, ton cerveau cherche à fuir cette émotion.Résultat : tu évites le projet… et tu renforces l’ancien pattern.


À l’inverse, une posture plus “lucide et humaine” (sans te flatter, sans te démolir) aide à revenir plus vite dans l’action. Cette approche est cohérente avec ce que plusieurs travaux sur l’autocompassion et la régulation émotionnelle suggèrent : moins d’auto-attaque = meilleur retour à l’effort.


5) La stratégie la plus simple qui change tout : le plan “SI… ALORS…”


Une des approches les plus robustes et pratiques en psychologie du comportement, c’est de transformer ton objectif en plan concret du type :


SI (situation X arrive), ALORS (je fais l’action Y).

Exemples :

  • Si je termine mon café du matin, alors je fais 2 minutes d’étirements.

  • Si j’ouvre Netflix, alors je bois d’abord un verre d’eau.

  • Si je reviens du travail, alors je marche 10 minutes avant de m’asseoir.

  • Si j’ai envie de sucre le soir, alors je prends d’abord une collation planifiée (et je décide après).


Pourquoi ça marche?Parce que tu ne relies plus ton action à “être motivé”.Tu relies ton action à un déclencheur précis. Tu réduis la négociation intérieure.


6) Un mini-plan réaliste (que tu peux appliquer dès lundi)


Choisis UNE cible. Une seule. Pas dix.


Ensuite, applique ces 4 étapes :

1) Rends-la mesurable et petiteAu lieu de “bouger plus” → “10 minutes de marche, 3 fois semaine”.

2) Attache-la à un déclencheur stable“Après le souper”, “après la douche”, “avant de partir travailler”.

3) Prévois la version “jour difficile”Ex. : si tu ne peux pas marcher 10 minutes, tu fais 2 minutes.Le but, c’est de garder le fil.

4) Mets un soutien visible

  • une alarme,

  • un post-it,

  • une note sur le frigo,

  • un rappel calendrier.


Tu ne fais pas ça parce que tu es “désorganisé”.Tu fais ça parce que ton cerveau a besoin de signaux concrets dans le réel.


À retenir

  • Les résolutions échouent souvent parce qu’elles reposent sur la motivation au lieu d’un système.

  • L’intention (“je veux”) ne garantit pas l’action (“je fais”), surtout quand tu es fatigué ou stressé.

  • Les habitudes se construisent mieux avec un contexte stable (heure, lieu, déclencheur).

  • Le “tout ou rien” est un piège : une version minimale “jour difficile” protège ta constance.

  • Le plan SI… ALORS… transforme une bonne intention en comportement automatique.

  • Une seule cible à la fois = plus de chances de réussite, moins de surcharge mentale.


Bref...

Si tu veux retenir une seule idée : tu n’as pas besoin de plus de volonté ; tu as besoin d’un plan qui respecte ton cerveau.


La réussite, ce n’est pas l’intensité du départ.C’est la capacité de revenir au plan après les écarts, sans te juger, sans t’abandonner.


Et si tu lis ce texte en te disant : “C’est moi, ça. Je me reconnais.”Parfait. Ce n’est pas une condamnation. C’est un point de départ.


Lundi prochain, choisis une seule cible. Un seul déclencheur. Une version “jour difficile”.Et recommence, doucement, intelligemment.


Action NeurOptimum, pour rendre l’impossible… POSSIBLE!

📍 Boucherville, Québec


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Sources

  1. American Psychological Association (APA). (2019). The secret behind making your New Year's resolutions last. https://www.apa.org/topics/behavioral-health/new-year-resolutions APA

  2. Wood, W. (2016). Healthy through habit: Interventions for initiating & maintaining health behavior change (Behavioral Science & Policy). https://behavioralpolicy.org/wp-content/uploads/2017/05/BSP_vol1is1_Wood.pdf behavioralpolicy.org

  3. Singh, B. et al. (2024). Time to Form a Habit: A Systematic Review and Meta-Analysis of Health Behaviour Habit Formation and Its Determinants. PubMed. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39685110/ PubMed

  4. Lally, P., van Jaarsveld, C. H. M., Potts, H. W. W., & Wardle, J. (2010). How are habits formed: Modelling habit formation in the real world. European Journal of Social Psychology. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ejsp.674 Wiley Online Library

  5. Gollwitzer, P. M., & Oettingen, G. (2019). Implementation Intentions (Encyclopedia of Behavioral Medicine). https://www.psy.uni-hamburg.de/arbeitsbereiche/paedagogische-psychologie-und-motivation/personen/oettingen-gabriele/dokumente/gollwitzer-oettingen-2019-implementation-intentions.pdf psy.uni-hamburg.de+1

  6. Gollwitzer, P. M., & Sheeran, P. (2006). Implementation intentions and goal achievement: A meta-analysis of effects and processes. NYU Scholars. https://nyuscholars.nyu.edu/en/publications/implementation-intentions-and-goal-achievement-a-meta-analysis-of nyuscholars.nyu.edu

  7. Dai, H., Milkman, K. L., & Riis, J. (2014). The Fresh Start Effect: Temporal Landmarks Motivate Aspirational Behavior. Management Science. PDF : https://faculty.wharton.upenn.edu/wp-content/uploads/2014/06/Dai_Fresh_Start_2014_Mgmt_Sci.pdf Wharton Faculty Platform

  8. Dai, H., Milkman, K. L., & Riis, J. (2015). Temporal Landmarks Spur Goal Initiation When They Signal New Beginnings. (Article accessible via PMC). https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4839284/ PMC

  9. Neff, K. D. (2023). Self-Compassion: Theory, Method, Research, and Intervention. Annual Review of Psychology. https://www.annualreviews.org/content/journals/10.1146/annurev-psych-032420-031047 annualreviews.org

  10. American Psychiatric Association. (s. d.). Practicing Self-Compassion. https://www.psychiatry.org/news-room/apa-blogs/practicing-self-compassion psychiatry.org

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