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Le stress des Fêtes : pourquoi notre cerveau veut tout contrôler

  • Photo du rédacteur: Action NeurOptimum
    Action NeurOptimum
  • 8 déc. 2025
  • 8 min de lecture

Les Fêtes sont censées être un moment de joie, de magie et de retrouvailles. Pourtant, pour beaucoup de personnes, cette période rime avec surcharge, pression et fatigue nerveuse. Entre le travail à boucler avant la fin de l’année, les cadeaux, les visites de famille, les repas à organiser et les finances à gérer, le cerveau semble fonctionner en mode “urgence” en continu.


Tu peux te retrouver à tout planifier, tout anticiper, tout contrôler… au point de ne presque plus profiter du moment. Tu termines les Fêtes épuisé, avec l’impression d’avoir “organisé un événement”, plus que vécu une période de repos.

Ce n’est pas simplement un manque d’organisation ou de caractère. C’est aussi lié à la façon dont ton cerveau réagit aux périodes intenses : quand les demandes augmentent et que l’incertitude grandit, le cerveau active ses circuits de stress, ce qui renforce le besoin de contrôler tout ce qui semble encore maîtrisable.


Objectifs d'aujourd'hui :

  • t’expliquer pourquoi les Fêtes créent un contexte particulièrement stressant pour ton cerveau ;

  • te montrer ce qui se passe dans les régions cérébrales impliquées dans le stress et la surcharge mentale ;

  • comprendre pourquoi tu ressens le besoin de tout contrôler ;

  • illustrer avec des exemples concrets de la vie quotidienne ;

  • te proposer des stratégies simples pour relâcher le contrôle… sans tomber dans le chaos.


1. Pourquoi les Fêtes sont particulièrement stressantes pour le cerveau


La période des Fêtes combine plusieurs sources de stress en même temps :


  • Pression temporelle (tout boucler en fin d’année, préparer les rencontres, déplacements, etc.)

  • Pression financière (cadeaux, sorties, nourriture, voyages)

  • Pression relationnelle (familles recomposées, conflits latents, attentes des proches)

  • Perturbation des routines (sommeil, alimentation, consommation d’alcool, activité physique).


Des organismes spécialisés en santé mentale notent que les Fêtes sont associées à une hausse de stress, de fatigue et de tensions émotionnelles, ce qui peut se manifester par de l’irritabilité, des troubles du sommeil, une baisse de concentration ou une sensation de “tête pleine”.


Même si tu apprécies réellement cette période, ton cerveau doit gérer :


  • plus de décisions,

  • plus d’interactions sociales,

  • plus de comparaisons (“Est-ce que j’en fais assez?”, “Est-ce que ça va être à la hauteur?”).


Tout cela augmente la charge mentale globale.


À retenir :

  • Les Fêtes réunissent plusieurs facteurs de stress en même temps (temps, argent, relations, organisation).

  • Tu peux aimer cette période tout en étant épuisé : ce n’est pas contradictoire.

  • Sans stratégie, le cerveau bascule facilement de “période festive” à “période de surcharge”.


2. Ce qui se passe dans le cerveau : surcharge des circuits du stress


Sur le plan neuroscientifique, le stress des Fêtes n’est pas qu’une impression. Il se traduit par des modifications dans plusieurs zones clés du cerveau :


  • L’amygdale : elle joue un rôle central dans la détection de la menace et des émotions fortes (peur, anxiété, colère). Sous stress, son activité augmente, ce qui accentue la vigilance, la sensibilité aux critiques, et la tendance à anticiper le pire.

  • Le cortex préfrontal (surtout préfrontal dorsolatéral et médian) : il est responsable de la planification, de l’organisation, de la prise de décision et du contrôle des impulsions. Quand il est sursollicité (trop de tâches, trop de décisions), sa capacité à réguler les émotions et à garder une vue d’ensemble diminue.

  • L’hippocampe : lié à la mémoire et au contexte, il est sensible au stress. Sous pression prolongée, il peut moins bien soutenir la mémoire de travail et la consolidation des souvenirs, d’où les oublis et la sensation de “brouillard mental”.


Lorsque les demandes de la vie quotidienne explosent (comme durant les Fêtes), le préfrontal doit jongler avec une multitude de choses à la fois. Si le stress se maintient, tu peux remarquer :

  • plus d’erreurs d’inattention,

  • des difficultés à prioriser,

  • une tendance à ruminer (rejouer les mêmes scénarios en boucle),

  • des réactions émotionnelles plus fortes que d’habitude.


À retenir :

  • Sous stress, l’amygdale devient plus active, ce qui amplifie l’anxiété et la réactivité émotionnelle.

  • Le cortex préfrontal, saturé, gère moins bien l’organisation et la régulation émotionnelle.

  • L’hippocampe et la mémoire pâtissent du stress, ce qui renforce l’impression de “surcharge mentale”.


3. Pourquoi ton cerveau cherche à tout contrôler


Quand l’environnement devient imprévisible, le cerveau cherche un repère : le sentiment de contrôle. Des travaux en psychologie expérimentale montrent que le fait de percevoir qu’on a du contrôle sur une situation réduit l’impact du stress sur le comportement et aide à maintenir la persévérance dans les tâches difficiles.


Durant les Fêtes, ce besoin de contrôle peut se traduire par :


  • vouloir que chaque détail soit parfait (repas, décoration, tenue, photos, horaires) ;

  • tenter d’anticiper toutes les réactions des autres pour éviter les conflits ;

  • prendre tout sur tes épaules pour “être sûr que ça marche” ;

  • éprouver de la difficulté à déléguer, même si tu es débordé.


Sur le moment, cela donne l’impression de sécuriser la situation. Mais à moyen terme, tu prends une quantité énorme de charge mentale et ton cerveau reste en mode surveillance permanente.


Or, il y a une différence majeure entre :

  • ce que tu peux contrôler (tes choix, ton organisation, tes limites) ;

  • ce qui ne dépend pas de toi (l’humeur des autres, leurs commentaires, les imprévus).


Plus tu essaies de contrôler ce qui ne t’appartient pas, plus le stress augmente.


À retenir :

  • Le besoin de contrôle est une réponse normale du cerveau à l’incertitude.

  • Le “trop de contrôle” coûte cher en énergie mentale et ne résout pas tout.

  • Se recentrer sur ce que tu peux vraiment influencer est un levier essentiel pour apaiser le stress.


4. Exemples concrets : quand le contrôle prend toute la place


Quelques situations fréquentes qui parlent à beaucoup de gens :

Tu organises un grand souper de Noël...


Tu veux que tout soit parfait :

le menu

la présentation de la table

l’ambiance

la musique

le timing des plats.

Tu refuses l’aide ou tu corriges tout ce que les autres font. À la fin de la soirée, tout le monde s’est amusé, mais toi, tu as l’impression d’avoir travaillé, pas d’avoir fêté.

Tu dois partager ton temps entre plusieurs familles (famille d’origine, famille de ton ou ta partenaire, famille recomposée). Tu veux faire plaisir à tout le monde, être présent partout. Ton cerveau passe son temps à optimiser les horaires, les déplacements, les compromis. Tu te couches vidé, sans avoir eu un vrai moment pour toi.


Au travail, tu t’imposes l’objectif de “tout régler avant les vacances”. Tu ajoutes des heures, tu compresses tes pauses, tu réponds à tous les courriels. Tu te dis : “Au moins, je serai tranquille en congé.” Mais tu arrives finalement aux Fêtes déjà épuisé, avec un système nerveux à bout de souffle.


Dans tous ces exemples, le point commun est le même :ton cerveau essaie de réduire l’angoisse en augmentant le contrôle, mais ce faisant, il augmente la surcharge mentale.


À retenir :

  • Tu peux te retrouver à jouer le rôle de “chef d’orchestre” permanent, en oubliant d’être simplement présent.

  • Le contrôle excessif donne une impression de sécurité, mais te coûte en énergie, en sommeil et en plaisir.

  • Reconnaître ces scénarios est une première étape pour ajuster ta façon de vivre les Fêtes.


5. Comment relâcher le contrôle… sans tout laisser aller

L’objectif n’est pas de “tout lâcher” ou de faire les choses à moitié, mais de transformer un contrôle épuisant en contrôle sain : choisir où tu mets ton énergie et accepter que tout ne soit pas parfait.


5.1 Clarifier ce qui compte vraiment

Avant de te lancer dans les préparatifs, tu peux te poser quelques questions :

  • Qu’est-ce que je veux vraiment vivre pendant ces Fêtes (connexion, simplicité, repos, traditions, plaisir avec les enfants, etc.) ?

  • Quelles activités je fais par envie… et lesquelles uniquement par obligation ou habitude ?


Cela te permet de réduire le nombre d’engagements, donc de demandes au cerveau.


À retenir :

  • Identifie 2 ou 3 priorités maximum pour la période des Fêtes.

  • Autorise-toi à renoncer à certaines habitudes qui ne t’apportent plus de sens.


5.2 Réduire le perfectionnisme

Les recherches sur le stress montrent que des attentes irréalistes et le perfectionnisme augmentent la détresse psychologique, tandis qu’une attitude plus réaliste et bienveillante envers soi réduit l’impact du stress.


Concrètement :

  • simplifier le menu ;

  • remplacer certains cadeaux par des gestes symboliques ou du temps de qualité ;

  • accepter que tout ne soit pas parfaitement décoré ou “Instagrammable”.


À retenir :

  • “Suffisamment bien” est souvent largement suffisant pour que tout le monde passe un bon moment.

  • Le prix de la perfection, c’est souvent ta santé mentale.


5.3 Planifier avec flexibilité

Planifier aide le cortex préfrontal à se sentir moins débordé. Mais la clé, c’est d’intégrer de la marge de manœuvre :

  • prévoir des plages de repos entre les activités ;

  • éviter de remplir chaque journée à ras bord ;

  • prévoir un “plan B” simple en cas d’imprévu (repas plus léger, visite écourtée, etc.).


À retenir :

  • Une planification souple permet au cerveau de respirer.

  • Garder quelques routines de base (sommeil, repas, mouvement) stabilise ton système nerveux.


5.4 Poser des limites relationnelles

Tu peux te protéger sans couper les ponts :

  • limiter la durée des visites ;

  • décider d’avance à quelle heure tu quittes une rencontre ;

  • éviter certains sujets sensibles ;

  • refuser poliment une activité qui te mettrait en sur


À retenir :

  • Dire “non” ou “pas cette année” fait partie d’une gestion saine de ton énergie.

  • Tes limites sont un outil de prévention, pas un manque d’amour.


5.5 Apprendre à calmer le système nerveux

Plusieurs études montrent que des pratiques simples de respiration lente ou de “breathwork” peuvent réduire l’anxiété, améliorer l’humeur et augmenter l’activité parasympathique (le système de repos et de récupération).


Tu peux intégrer :

  • 5 minutes de respiration lente (par exemple, inspirer 4–5 secondes, expirer 6–8 secondes) ;

  • une courte marche à l’extérieur pour reset ton système ;

  • quelques minutes de pleine conscience (observer ta respiration, tes sensations, sans jugement).


À retenir :

  • Des exercices très simples peuvent calmer le corps en quelques minutes.

  • Quand ton système nerveux se calme, ton besoin de contrôler tout diminue spontanément.


En conclusion :

Le stress des Fêtes n’est pas un défaut personnel. C’est la rencontre entre :

  • un contexte chargé,

  • un cerveau qui doit gérer trop de choses à la fois,

  • et un besoin naturel de contrôler pour se rassurer.


En comprenant ce qui se passe dans ton cerveau, tu peux :

  • ajuster tes attentes,

  • choisir ce qui compte vraiment,

  • accepter que tout ne soit pas parfait,

  • et t’accorder le droit de souffler.


Les Fêtes n’ont pas besoin d’être impeccables pour être réussies.Elles ont besoin d’être suffisamment douces pour toi, pour ton cerveau et pour ceux que tu aimes.



Action NeurOptimum, pour rendre l’impossible… POSSIBLE!

📍 Boucherville, Québec


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📖 Références

  1. Harvard Medical School – Holiday Stress and the Brain (impact du stress des Fêtes sur le cerveau et la mémoire).HMS Harvard

  2. CAMH – Centre de toxicomanie et de santé mentale – Coping with Holiday Stress (stress, sommeil, charge psychosociale et stratégies de gestion).CAMH

  3. Bhanji, J. P., Kim, E. S., & Delgado, M. R. (2016). Perceived control alters the effect of acute stress on persistence. Journal of Experimental Psychology: General.PubMed+2PMC+2

  4. Kredlow, M. A., et al. (2022). Prefrontal cortex, amygdala, and threat processing. Neuropsychopharmacology (revue sur le traitement de la peur et le rôle du cortex préfrontal/amygdale).Nature+1

  5. Balban, Y. M., et al. (2023). Brief structured respiration practices enhance mood and reduce stress. Scientific Reports (essais contrôlés sur les effets du breathwork).PMC+2PMC+2

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